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Quand l’IA rencontre le contentieux d’affaires
Posted on 25 February 2026 in News > Litigation & Dispute Resolution

L’intelligence artificielle générative s’invite progressivement dans le contentieux d’affaires. Après plus d’un an de pratique, Philippe Thiebaud, Partner chez Molitor Avocats à la Cour, partage une approche pragmatique : efficacité accrue, sous le contrôle et le jugement constant de l’avocat.

Depuis plus d’un an, nous utilisons des outils d’intelligence artificielle générative (IAG) dans le cadre de notre activité professionnelle, tant en conseil qu’en contentieux.

A l’instar de nombreux professionnels du droit, et dans le respect des recommandations du Conseil des barreaux européens, l’IAG est considérée comme un levier de développement et de renforcement de la qualité des services. Après un an, ce choix s’est avéré payant.

Nous avons privilégié des outils d’IAG spécialisés pour les professionnels du droit tels qu’Harvey et Alizé, dont l’utilisation nous permet de nous conformer à nos obligations professionnelles comme le secret professionnel. L’usage d’outils publics est exclu au profit de licences protégées, qui ne réutilisent pas les données pour entraîner les modèles.

Quelles sont les personnes utilisant le plus l’IAG au sein de votre cabinet ?

Bien que cela puisse paraître contre-intuitif, seuls les collaborateurs expérimentés en bénéficient.

Il y a deux raisons à cela. La formation de nos jeunes avocats prime sur l’efficacité découlant de l’IAG et la qualité des résultats obtenus avec l’IAG dépend étroitement de l’expérience et des connaissances de l’utilisateur, et ce, tant pour éviter les hallucinations que pour affiner la qualité des prompts (qui est primordiale).

Etant vous-même spécialisé en contentieux, quelle utilisation faites-vous de ces outils ?

Notre pratique «Litigation and Dispute Resolution», et notamment celle en contentieux des affaires et droit de l’insolvabilité, se prête particulièrement bien à l’IAG.

Celle-ci permet une recherche plus rapide dans des corpus volumineux, un tri préliminaire de documents et une première analyse d’informations. Certains dossiers nécessitent d’analyser et de synthétiser un très large volume de documents (contrats, échanges de correspondance, reporting financier, comptabilité…); le gain d’efficacité est réel. Les outils d’IAG excellent également dans certaines recherches de jurisprudence.

L’IAG connaît toutefois des limites. Elle peut assister les avocats pour des tâches simples, mais son utilité reste à ce jour restreinte pour des travaux complexes comme la rédaction d’avis juridiques ou de documents de procédure.

L’IAG représente aussi un défi pour notre responsabilité individuelle. On a par exemple à l’esprit des cas d’avocats ayant cité des décisions de justice inexistantes, générées par l’IAG, dans des procédures. Cela relève de l’évidence : l’analyse juridique d’une IAG doit nécessairement se confronter au jugement professionnel indépendant de l’avocat.

Notre expérience est donc positive tout en restant prudente et mesurée. L’IAG ne transforme pas la nature de notre métier, mais certains outils et le rythme de travail. Notre enjeu consiste à intégrer l’innovation de façon responsable, dans le respect de nos obligations et au service de l’intérêt de nos clients.

Philippe Thiebaud, Partner en Contentieux, Molitor Avocats à la Cour.

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