Le droit du travail évolue vers plus de transparence, notamment sur les contrats et l’égalité des rémunérations hommes femmes. En parallèle, les plaintes pour harcèlement moral se multiplient, obligeant les entreprises à adapter leurs pratiques et à renforcer leur accompagnement des salariés.
Quelles sont les grandes tendances en droit du travail actuellement, et que peut-on anticiper pour l’avenir ?
En premier lieu et encore une fois, la législation évolue vers plus de transparence dans les relations de travail. Ainsi, outre la loi du 24 juillet 2024, ayant imposé de nouvelles obligations à charge des employeurs (telles que des mentions obligatoires supplémentaires dans les contrats de travail, un encadrement renforcé des clauses d’exclusivité, et surtout, un droit pour les salariés en CDD ou à temps partiel (ayant au moins six mois d’ancienneté) de demander à passer en CDI ou à temps plein), une étape importante nous attend avec la transposition, d’ici juin 2026, de la directive européenne 2023/970 sur la transparence des rémunérations. Elle vise à réduire les écarts de salaires entre les femmes et les hommes, un enjeu majeur pour les employeurs au Luxembourg. En effet, derrière, une apparente égalité, voire un léger avantage aux femmes concernant le salaire horaire moyen (-0.7%), se cache en réalité une grande disparité à l’avantage des hommes du côté des salaires annuels (+4,5%) et des salaires les plus élevés (+27%) (Etude STATEC sur 2022).
Par ailleurs, sur un tout autre sujet, nous observons une nette augmentation des demandes d’assistance liées à des plaintes pour harcèlement moral. Cette problématique n’est pas nouvelle, mais elle s’intensifie nettement depuis 2023 (116 plaintes en 2023 et 141 en 2024 selon les rapports ITM).
Comment accompagnez-vous vos clients face à ces évolutions ?
Notre force réside dans la diversité de nos expertise et expériences au sein de l’équipe. Nous sommes à même de conseiller les entreprises sur l’ensemble du droit du travail, qu’il s’agisse de contractualiser la relation avec un cadre dirigeant, de mobilité transfrontalière – souvent complexe au sein des groupes internationaux – de mise en place de plans d’intéressement, ou de rupture du contrat (licenciement ou négociation de plans sociaux).
Nous travaillons au quotidien en étroite collaboration avec les autres départements de l’étude comme le Tax ou le Corporate – M&A, ce qui nous permet d’appréhender une problématique de manière globale et donc adaptée aux besoins de nos clients. L’excellence, mais aussi « l’approchabilité » et le travail d’équipe sont au cœur de nos valeurs. Nous visons à créer des relations durables et de confiance avec nos clients.
Vous êtes revenu chez MOLITOR Avocats à la Cour en 2017 pour diriger la pratique droit du travail. Qu’est-ce qui vous a motivé ?
J’ai rejoint l’étude pour la première fois en 2004 en qualité d’avocat stagiaire, puis j’y ai passé cinq années marquantes. Ce qui m’a particulièrement touché, c’est la manière dont on m’a fait confiance dès le départ, dans un cadre très humain. L’exigence de qualité ne se fait jamais au détriment de ses valeurs : l’intégrité, la confiance, le travail d’équipe. Ces valeurs, je les partage profondément. C’est donc tout naturellement que j’ai choisi de revenir en 2017 pour prendre en charge le département droit du travail. Aujourd’hui encore, c’est cet équilibre entre excellence technique et valeurs humaines qui fait la singularité de notre approche.
Régis Muller – Partner – Employment, Pensions & Immigration
https://molitorlegal.lu/expertise/employment-pensions-immigration/